Comment j’ai perdu près de 50kg

Lorsque j’avais 17 ans, en 1990, je faisais 87kg. Je me souviens que je me battais déjà contre mon poids. J’avais entendu dire toute mon adolescence que j’étais gros, que je mangeais trop, que j’étais un gros porc. En vérité, je ne me suis jamais vu grossir. Tout ce que je voyais dans le miroir, c’était un mec que je trouvais gros, même à 87kg, et que de toute façon, je n’aimais pas.

Uun jour de 1991, j’ai dépassé le cap des 100kg. Mon plus ancien souvenir est de ne plus avoir pu fermer des pantalons que j’aimais bien. Même en retenant mon ventre, impossible. J’ai alors du me résigner à acheter de nouveaux pantalons plus grands.

Puis le temps s’est écoulé et le poids est monté sans que je ne me rende compte de rien. Je n’étais pas très penché mode. Ayant une estime de moi-même relativement basse, je ne cherchais pas spécialement à me mettre en valeur. Dès lors, j’achetais des vêtements bon marché, sans vraiment me soucier de savoir si telle ou telle taille était dans la norme, jusqu’à ce que je ne trouve plus ma taille dans les magasins en Suisse. J’étais alors arrivé, en 2003, à 132kg. Je n’ai pas de souvenir précis de cette période ni si j’ai été au dessus de 132kg.

DCP_2412Dans le miroir, je voyais toujours la même personne que je n’aimais pas: un mec aux joues rondes, au gros ventre et aux poignées d’amour que je détestais. Je n’ai pas vu de différence entre 100 et 132kg… Pourtant ma famille la voyait bien. Mon frère me disait que mes bras ressemblaient à des jambons. Ma mère me disait qu’on me voyait bientôt plus les yeux. J’avais le sentiment qu’elle exagérait fortement. Il aura fallu attendre 2012, et une recherche dans mes archives photographiques pour trouver une photo qui lui donnera largement raison.

Entre 1991 et 2003, je vivais une relation avec un mec de 5 ans mon aîné. J’avais beaucoup de fringales, et je mangeais énormément de chocolat, entre autres choses. Lui me maintenait dans ma situation: il achetait le chocolat. Belle relation de co-dépendance. Durant cette périodes, j’ai entrepris plusieurs régimes: Slimfast pendant 3 semaines: j’ai perdu 10kg que j’ai repris aussi vite. Weight Watchers… 10 kg en quelques semaines, également repris aussi vite.

En 2003, alors que tout s’était éteint entre nous, j’ai pris la décision de mettre un terme à notre relation. C’est là que j’ai perdu mes 15 premiers kilos. A cette époque, je voyageais beaucoup pour le travail et j’étais encore très grand consommateur de fast food. Pourtant mon poids descendait doucement pour se stabiliser dans un premier temps à environ 120kg. Je n’ai pas véritablement cherché à les perdre. Je ne me suis pas mis au sport, je n’ai pas l’impression d’avoir fait de gros efforts quant à mon alimentation. J’étais tout simplement sorti d’un système toxique, d’une co-dépendance néfaste.

Entre 2003 et 2005, mon poids est resté relativement stable: entre 116 et 120kg. Puis j’ai rencontré mon second mec, avec qui j’ai vécu jusqu’au début 2011. La relation était différente. J’étais aux petits soins pour lui, toujours anxieux de faire au mieux, de ne pas le froisser, de ne pas le décevoir. J’ai commencé à faire un peu de sport pour le suivre au fitness. Il m’a rejoint au judo. Mon poids a varié durant ces 5 ans entre 115 et 122kg … Cette fois, c’est lui qui a décidé d’y mettre un terme. Ca s’est fait sur la durée: la crise a commencé en octobre 2010 pour se terminer, sur mon initiative, en février 2011. Celle-ci a été l’expérience la plus douloureuse de ma vie: à son début, en octobre 2010, le monde s’est écroulé autour de moi. Moi qui me considère terre à terre, cartésien, j’ai vécu la chose la plus irrationnelle qu’il m’ait été donné de voir vivre par une amie et que je ne pouvais pas comprendre alors: j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps deux semaines durant. J’ai perdu l’appétit et le sommeil. En quinze jours, j’ai perdu 10kg… que j’ai bien sûr repris dès que j’ai repris mes esprits.

Il m’a fallu deux ans pour faire le deuil de cette relation et surtout, durant ce processus, j’ai compris. J’ai compris que durant toute ma vie, je m’étais manqué de respect. Encore aujourd’hui, cette phrase me prend les tripes, me fait monter les larmes aux yeux de tristesse, car jamais je n’aurais osé autant manquer de respect à qui que ce soit d’autre… La manipulation, l’humiliation, les reproches, les jugements, autant d’attaques que j’acceptais encore et encore depuis des années, que ce soit au travail, ou dans la vie privée, sans compter ce que je m’infligeais à moi-même: Le perfectionnisme, le manque de confiance, la culpabilité pour tout et n’importe quoi, le jugement sur moi-même, encore, et encore …

En 2012, en pleine crise personnelle, je suis parti seul en vacances en camping car aux Etats-Unis. De très belles vacances, ponctuées de grandes périodes de solitude et de désespoir. Deux livres m’ont accompagnés durant cette période: je découvrais que j’étais un zèbre grace à Christel Petitcollin et son livre Je pense trop dans lequel je me suis reconnu page après page. il m’a révélé à moi-même. Chemin initiatique douloureux accompagné d’une grande tristesse de ne pas l’avoir compris plus tôt, et de joie d’enfin avoir les réponses à tant d’incompréhension, de malaises, de difficultés. Durant la même période j’ai lu également Les Quatre Accords Toltèques de Don Miguel Ruiz qui m’a apporté une nouvelle vision du monde, de la vérité, de la vie.

A mon retour, j’ai pris une décision: Il était temps de me remettre au centre de ma propre vie. Il était temps que je devienne la personne la plus importante au monde pour moi-même. Ca ne voulait pas dire devenir égoïste ni négliger les autres. Ca voulait dire au contraire arrêter de me négliger. Mon premier pas a été de reprendre le sport. Seulement cette fois-ci, je le faisais pour moi. Je me suis inscrit au fitness, et j’ai pris des séances de conseils pour avoir un programme de démarrage. Le coach voulait absolument parler de nourriture dans ce cadre. A cette époque-là j’ai radicalement refusé. Je n’étais pas prêt à changer mes habitudes alimentaires. Je savais pertinemment que c’était un problème, toutefois j’avais encore du chemin à faire, et j’en étais conscient. Dès lors, ce sujet n’aurait fait que me bloquer. Il a fini par accepter mes explications et j’ai démarré un programme de remise en forme. Le poids a commencé à descendre doucement puis le corps à changer. Très vite, je me suis mis à aller marcher trois ou quatre fois par semaine le matin avant d’aller au travail. Je me sentais bien. Mieux.

Durant cette période, ma vie professionnelle n’était pas au beau fixe. Trois emplois successifs dans lesquels il n’y avait pas assez de boulot, et – chassez le naturel, il revient au galop – je prenais beaucoup sur moi. Les fringales continuaient et un jour, au détour d’une conversation avec ma thérapeute, je suis venu sur leur mécanisme: La frustration provoquait la fringale, qui provoquait la culpabilité, qui à son tour provoquait une autre fringale… Je connaissais bien le scénario pris en exemple: j’allais faire le plein de ma voiture puis, au moment d’aller payer, je voyais le chocolat et alors commençait le débat intérieur: « Tu devrais pas, non tu devrais pas… non vraiment, c’est nul, c’est pas bon pour toi… c’est débile…. t’es même pas cap de résister » puis j’achetais le chocolat … « pfff c’est nul, vraiment t’es nul, ça va rien arranger », puis je le mangeais et ensuite « t’aurais pas du, t’es vraiment nul », et la culpabilité m’envahissait tout au long du processus.  J’ai alors compris que la culpabilité ne m’apportait rien. Qu’elle soit présente ou non, le chocolat, j’allais le manger de toute façon, dès lors culpabiliser n’allait que me démoraliser. J’ai décidé de ne plus le faire, ou plutôt d’être attentif à la culpabilité et à la mettre de côté. C’est là que les fringales se sont espacées, et mon poids a recommencé à descendre. Je n’étais toujours pas prêt à remettre en question mes habitudes alimentaires. Reste que cette prise de conscience a été décisive.

En août 2013, tandis que je terminais le processus de deuil de ma relation terminée en 2010, j’ai compris que j’avais été souvent victime de manipulateurs toxiques dans ma vie, aussi bien professionnelle que personnelle. C’est au détour d’une lecture que j’ai démasqué le dernier en date dans ma hiérarchie directe. Ca a eu l’effet d’une bombe dans mon esprit. Je n’avais rien vu venir… et cette fois, j’ai décidé que ce serait la dernière. Je me suis arrêté de travailler pendant près de trois mois durant lesquels j’ai consulté un spécialiste. Objectif: comprendre quel était mon rôle dans ces relations afin de casser le cycle infernal. Et les pièces du puzzle de ma vie ont continué à s’assembler… Hypersensibilité, sur-douance, manque de confiance en moi, manque d’amour, peur du rejet et de l’abandon, autant d’éléments qui donnaient du pouvoir aux manipulateurs, et qu’il fallait que j’apprivoise, ce qui me permettrait de mieux me respecter, de m’écouter et de me faire confiance. J’ai repris le travail en sachant à qui j’avais à faire, et pensant que je pourrais faire face… or, pour l’avoir lu, j’ai vite eu la confirmation qu’on ne peut rien faire face à un pervers narcissique, sinon fuir… Chose fut faite en mai 2014 lors que j’ai décidé de ne plus accepter la situation, réaction qui a mené à mon licenciement, sur un succès professionnel il faut bien le dire, ce qui m’a permis de prendre du recul et pour une fois de ne pas prendre pour moi cette décision de l’entreprise.

A commencé alors pour moi une période difficile: recherche d’emplois, mission freelance, puis de nouveau recherches d’emploi, et re-mission, et ainsi de suite, et financièrement, une descente lente, mais sûre, avec une maison à charge… Je me suis accroché, j’ai eu des périodes de désespoirs, d’autres d’euphorie, et j’ai toujours gardé à l’esprit que je méritais mon propre respect et celui des autres. J’ai continué le sport, avec des baisses de régime et de motivation, puis des pics d’activité. Et je m’intéressais également toujours plus à ce que je mangeais.

A Pentecôtes 2015, décidé à travailler à mon développement personnel, je me suis inscrit sur un coup de tête à un séminaire sur le terme de la « GBI » (Guérir les Blessures Intérieurs), convaincu qu’il s’agissait d’une initiation à la PNL. En fait, le thème tourne plus autour des blessures de l’âme. Une grande surprise pour moi et une découverte. Lors de ce séjour, j’ai fait une expérience unique aussi qu’inattendue: j’ai enfin réussi à consoler l’Enfant Akim – chose qui m’avait déjà été conseillé bien plus tôt par ma thérapeute -, cet enfant qui n’avait qu’amour et tendresse pour le monde, qui était tellement incompris et qui se sentait tellement seul et rejeté. Durant un travail, je l’ai visualisé, je l’ai pris dans les bras et en pleurant à chaudes larmes, j’ai reconnu son innocence. Jusque-là, je n’avais que reproches et jugements à son encontre pour ses actions et son comportement étant enfant… et ce jour-là, j’ai réalisé qu’alors je n’étais qu’un enfant et que mon comportement avait justement été celui d’un enfant, qu’il ne méritait pas la dureté de mon jugement, mon propre rejet. Cette expérience a été libératrice.

En août 2015, pendant une mission à Zürich, j’ai commencé à analyser mes prises de nourriture. J’ai installé l’application MyFitnessPal sur mon téléphone, et j’ai méthodiquement écrit tout ce que je mangeais. J’ai alors réalisé à quel point mon apport calorique était trop élevé et j’ai commencé à corriger le tir. Et un jour, j’ai pris la mouche contre la grande distribution. Cela faisait un certain temps que je chassais les aberrations des produits préparés sur les étiquettes: du sucre ou du lait là où on en l’attend pas, des produits dont on a aucune idée de l’impact à long terme sur l’organisme  En parallèle, j’avais en tête depuis quelques temps de faire un essai de régime sans gluten et sans lactose afin de voir si cela aurait un impact sur ma fatigue chronique et mes allergies et je trouvais ça trop compliqué… Au détour d’un site internet, j’ai découvert le régime paléo. Mon cerveau hyperactif aime les choses simples et j’ai trouvé dans ce régime une directive d’une simplicité enfantine: « Si tu aurais pu le chasser, le pêcher, le cueillir ou le ramasser, tu peux le manger ».  C’est la seule raison à la base pour laquelle je l’ai adopté: sa simplicité décisionnelle. Du jour au lendemain, le 20 août 2015, j’ai changé de régime alimentaire. Je n’ai pas commencé un « régime », ni un « programme », plutôt véritablement un processus de changement d’alimentation radical: j’ai éliminé de mon alimentation tous les féculents (produits cultivés et transformés), les sucres raffinés (idem), et tous les produits transformés du marché, et à chaque achat de nourriture, je me posais la question-directive ci-dessus. Bien sûr, il est très difficile de suivre un tel régime alimentaire à 100% dans notre monde moderne. A 80% c’est possible, et déjà un grand changement.

En 12 semaines j’ai perdu 12kg. J’ai continué de faire du sport. Tous les trois mois, je devais refaire ma garde robe. Ca m’a coûté cher. C’est la plus grande transformation qu’il m’ait été donné de vivre. La descente a été fulgurante, et mon état de santé s’en est ressenti. Mon cholestérol qui était à la limite supérieure a baissé, idem pour mon diabète. J’ai alors commencé à lire sur le sujet le livre de Julien Venesson, Paléo Nutrition, et j’ai acquis la conviction que ce mode alimentaire, bien que pas appliqué à 100%, était une véritable bénédiction pour mon corps. Aujourd’hui, j’ai atteint mon plus bas historique: 86.2kg. Je suis descendu plus bas que mon poids de post-adolescent. Je me sens beaucoup mieux dans ma peau. Je me suis mis à courir depuis un mois: grande première dans ma vie…

J’ai tellement entendu dans ma vie qu’il suffisait de « manger moitié moins », de « ne pas grignoter entre les repas », de « manger moins gras », de « bouger son cul » … Or, vous l’aurez compris, lutter contre le poids ne sert à rien si on ne fait pas d’abord un travail sur soi, sur l’image que l’on a de soi, et sur les éléments qui nous empêche de nous respecter. Les décisions clés dans mon parcours ont été:

  • Découvrir que j’étais un zèbre et l’accepter
  • Me remettre au centre de ma propre vie
  • Me vouer le même respect que je voue à qui que ce soit
  • Abandonner la culpabilité
  • Reconnaître l’innocence de mon enfant, et mon statut de victime (sans s’y accrocher)
  • Accepter que j’étais victime volontaire des manipulateurs

moi_nowCes éléments clés de mon chemin m’ont amené à ce changement de régime alimentaire et de mode de vie. Ca n’a pas été qu’une question de volonté. C’est un travail qui a été long, difficile, et mon plus grand apprentissage de ces derniers mois,a été la patience. Et le chemin est encore long. C’est le chemin de toute une vie.

Alors si vous aussi, vous souhaitez perdre du poids, et ne savez pas par où débuter, commencez par accepter que le miroir vous ment: ce que vous y voyez n’est que votre propre regard et non la vérité. Acceptez que votre celui-ci est faussé par votre vécu, votre propre jugement intérieur, et tentez de comprendre quel gain regard vous apporte. Dans mon cas, le poids me permettait de continuer à me manquer de respect, à me maintenir dans le manque de confiance soi, et de continuer à me trouver nul. Et vous, que vous apporte-t-il vraiment ?

6 réflexions sur “Comment j’ai perdu près de 50kg

  1. ça m’a fait du bien de te lire car vois-tu mon grand, sans pouvoir mettre des mots sur ce que je ressentais en parlant avec toi, je sais maintenant que je voyais juste et ça depuis tellement longtemps Si j’avais prit un peut plus de temps à t’écouter peut-être que j’aurais pu mieux t’aider car je réalise maintenant seulement que quelque part c’était un appel au secours que tu me lançais du haut de tes 15 ans voir moins … Sache que je suis très fière du chemin que tu as parcourus depuis ce temps et surtout de voir avec quelle force tu as du te battre pour enfin arriver là ou tu es maintenant. Je t’aime très fort ne l’oublie jamais…..

  2. Bonjour Akim, je me suis inscrite sur le forum Paléo et je viens de passer sur ton blog qui m’ a bouleversée. En effet, la prise de poids oblige à se regarder dans le miroir et aussi à se remettre en question. Moi aussi j’ai lu les accords Toltèques et ce livre ainsi que bien d’autres m’ont apaisées.
    Il est difficile d’ être rejetée par ses parents, ils m’insultaient et disaient que je leur faisais honte depuis que j’avais pris du poids.
    J’ai décidé de me couper d’eux et de faire mon chemin. J’ai culpabilisé, mais la souffrance qu’ ils m’ infligeaient résonnait trop fort pour que j’y revienne. Cela m’a permis d’évoluer, de ne plus culpabiliser, d’apprendre à me traiter, tout comme toi avec amour et respect.
    J’ai déjà perdu 22 kgs, j’étais à 136 kgs, il y a 2 ans.
    J’arrive au Paléo et l’ évolution se fera naturellement. Je le sens tout au fond de moi.
    Merci pour ton témoignage. Tu rayonnes, tout ce qui est beau en toi se voit. Tu es vrai et c’est ce qui m’ a touchée.
    La sensibilité est un atout et elle permet de beaux contacts.
    Merci d’ Etre.
    Joliezozio

  3. Bonjour. Merci pour ta visite et tes mots. Je suis touché.

    Oui tu verras, le meilleur est à venir. Et les expériences difficiles sont les plus constructives. Elles nous obligent à nous remettre en question et à avancer.

    J’en traverse une actuellement, et réalise que c’est un terrain fertile pour mon évolution personnelle. C’est très dur à traverser, toutefois, comme je suis dans le changement, j’arrive à prendre le recul nécessaire pour en apprendre la leçon.

    Bon courage dans ton chemin, et suis mon blog. Je prépare quelque chose.

  4. Waouh Akim,

    J’ai l’océan au bord des yeux… Il est tellement vaste…
    J’aurais pu écrire beaucoup de tes mots… avec moins de justesse. Je pense en images et quand je tente de transcrire, le cadre me paraît tellement trop petit, tout devient flou. Ce n’est jamais vraiment ça ou pas exactement…

    Merci pour cette part de toi, ce cadeau à toi et à nous, de toi à nous. C’est immense et terriblement beau.

    Du fond du coeur.

    Emmanuelle

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