Le RBI ou Revenu de Base Inconditionnel, une avancée nécessaire

Revenu de Base InconditionnelLe débat fait rage. Nous voyons tous les jours dans la presse des articles d’économistes, d’entrepreneurs, de partis de droite et de gauche, pour, ou contre le RBI.

D’abord, le RBI, c’est quoi ?

Voici ce que dit le texte de l’initiative:

La Constitution est modifiée comme suit:

Art. 110a (nouveau) Revenu de base inconditionnel
1 La Confédération veille à l’instauration d’un revenu de base inconditionnel.
2 Le revenu de base doit permettre à l’ensemble de la population de mener une existence digne et de participer à la vie publique.
3 La loi règle notamment le financement et le montant du revenu de base.

L’objectif est donc d’inscrire dans la constitution le principe d’un revenu de base pour tous permettant de vivre dignement et de participer à la vie publique.

Le texte de l’initiative ne défini ni le montant, ni la méthode de financement, ni la suppression ou non d’autres prestations sociales. Il propose seulement d’inscrire le principe de RBI dans la loi. Tout le reste sera a débattre et à définir en cas de OUI.

Pourquoi le RBI ?

Dans un environnement où le travail disparait depuis un demi-siècle au profit de l’automatisation, de la robotisation et de la délocalisation, et sous le poids d’une démographie exponentielles et des frontières qui s’ouvrent de plus en plus, le RBI permettrait de garantir à tous un niveau de vie descend tout en diminuant son taux d’occupation professionnelle, et ainsi de réduire le stress lié actuellement à un nombre croissant de cas de burn out, dépression, et autres maladies et mal-êtres connexes.

Les arguments pour ?

Le RBI permettrait à tout un chacun de décider comment il veut organiser sa vie privée et professionnelle. Pour la plupart, rien ne va changer, sinon qu’ils auront plus d’argent pour les vacances, pour la consommation, et donc, à injecter dans l’économie. Pour d’autres, le choix de refuser d’être surexploité dans un travail sous-payé (dans le service en restaurant par exemple), et de faire valoir sa dignité. Enfin, pour certains, le choix de laisser libre court à leur créativité, à leur envie de ne pas travailler. Le RBI permettra avant tout le choix, ce que la plupart n’ont pas aujourd’hui.

Les arguments contre ?

Celui que l’ont lit ou que l’on entend le plus souvent est que le RBI va engendrer une perte de motivation pour travail, une perte de valeur du travail. Pourtant, on sait que la majorité des gens ne supportent pas l’inactivité, un bon nombre de gens qui gagnent au loto continuent de travailler malgré tout. Toutefois ils réagencent souvent leur temps de travail, ou change d’emploi voire de métier, ce qui est impossible à la majorité actuellement.

D’autre part, on voit également mettre en avant que alors que le RBI est un principe social, on attend du capitalisme qu’il le finance. Si aujourd’hui, toutes les multinationales mastodontes payaient les impôts qu’elles sont supposées, le capitalisme participerait comme il le doit au bon fonctionnement de la société. Ce qui n’est pas le cas actuellement, comme l’ont démontré de nombreuses enquêtes pointant Amazon, Google, et beaucoup d’autres.

Mon avis sur la question

Dans les années soixante, alors que l’on voyait l’avènement de la robotisation en usine, le discours était celui d’une société qui allait évoluer vers le loisir. Moins de travail et plus de divertissement pour tous, grâce à la robotisation.

Un demi-siècle plus tard, force est de constater que le profit engendré par la robotisation, l’automatisation et aujourd’hui l’informatisation ne profitent qu’aux entreprises qui le mettent en place et qui peuvent dès lors produire plus, plus vite, et gagner plus, en se passant de plus en plus de main d’œuvre humaine, tout en faisant des montages fiscaux leur permettant d’échapper à l’impôt. Et lorsque c’est possible, et que la machine reste trop chère, on exporte alors le travail dans des pays dans lesquels la main d’œuvre est disponible à moindre coût.

C’est le cas depuis longtemps avec la Chine, et aujourd’hui on le constate à tous les niveaux et dans tous les secteurs économiques. Ainsi, lorsque vous appelez un service client, vous tombez sur un « Charles » ou une « Monique » au fort accent tunisien alors que nos voisins alémaniques tomberont sur une « Gertrude » ou un « Jörg » à l’accent Tchèque.

Moins de main d’œuvre humaine, ça veut dire:

  • moins de charges sociales
  • moins de coût lié à l’absentéïsme
  • moins de formation
  • moins de négociation salariale

Tous ces coûts évités étaient jusque-là répercuté sur les prix de vos courses. Pourtant, je n’ai pas vu de baisse de prix globale liée à cette apparition. C’est donc un bonus pour les entreprises dont on ne voit pas la couleur.

Ce que je constate, c’est que les personnes qui sont contre sont souvent soit amères d’avoir dû travailler dur toute leur vie pour toucher un salaire, et elles ne comprennent pas pourquoi on devrait maintenant faire cadeau aux nouvelles générations « d’argent gratuit », ou ce sont des milieux qui sont inquiets pour leur avenir, car, comme par exemple Gastro Suisse et le milieu de la restauration, les personnes employées sont souvent sous payées, sur exploitées, et n’ont pas le choix que de l’accepter pour survivre et ne pas finir au ban de la société.

Aujourd’hui, il est possible de remplacer une grande quantité de métiers par des machines. Faisons-le. Mais faisons-le intelligemment. Le profit supplémentaire que ceci génère doit être par un moyen ou par un autre redistribuer aux populations et aux investisseurs de manière satisfaisante pour tous. Le RBI est un pas dans cette direction, même si à ce jour, sa méthode de financement reste à définir.

Un des blocages pour beaucoup est également la notion de « valeur de l’argent ». Or, ce concept est à revoir. L’argent n’a plus de « valeur ». Lorsque Facebook a racheté Whatsapp, j’ai écrit un article dans lequel je calculais que les 16 milliards de dollars investi correspondaient à la somme permettant de payer pendant 30 ans 10’000 personnes à 5000 francs par mois. Saviez-vous que le produit gratuit que vous utilisez tous les jours avait été vendu à ce prix ?

En résumé

le RBI est un outil indispensable à l’évolution de notre système sociétal. Il endiguerait la montée de chômage, et l’augmentation de la précarité, et permettrait d’injecter facilement de l’argent dans l’économie pour la relancer. Il mènerait à une amélioration des rapports travailleurs/employeurs.

Le 5 juin, votez pour vous, et non pour les personnes qui cherchent à vous manipuler, ni par peur. Demandez-vous ce qu’un revenu de base vous apporterait à vous, personnellement. Ne vous laissez pas avoir ni par des arguments pour ni contre qui ne vous concernent pas directement.

Ne votez pas en pensant au locataire du 4ème qui est à l’AI depuis 5 ans et qui n’a pas l’air si malade que ça, ou du « drogué » du rez qui est au social et s’en contente. Il y aura toujours des gens pour toucher de l’argent sans rien faire (c’est le cas de la majorité des investisseurs, d’ailleurs). Donc le débat n’est pas là.

Vous l’aurez compris, je suis pour le RBI. Je ne m’en cache pas. Pourtant, au final, ce qui m’importe personnellement n’est pas que le OUI passe ou pas. Ce qui m’importe, c’est que les gens en parlent. Qu’ils sachent de quoi il retourne. Quels en sont les enjeux. Parlez du RBI avec vos amis. Discutez des pour des contres. Cherchez à comprendre les arguments, les craintes de chacun. Suivez les débats. Echangez avec votre famille. Et le 5 juin, allez voter.

 

 

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