Le véhicule électrique: Une citadine, vraiment ?

Le véhicule électrique. Urbain ? ou pas…

On entend souvent que les véhicules électriques sont les véhicules citadins par excellence. Pourtant, les infrastructures de recharge sont quasi inexistantes dans les villes suisses. De plus, lorsque bornes il y a, celles-ci ne sont pas forcément adaptées à tous les véhicules, à l’instar du Renault Twizy qui se contente d’une prise domestique standard. D’autre part, les habitants des villes n’ont souvent pas de prise à disposition à leur domicile. Les places de parc, qu’elles soient extérieures ou intérieures, sont rarement équipées.

Mais alors qui devrait acquérir un véhicule électrique ?

Les habitants de villas et fermes peuvent facilement mettre en place une prise, ou tirer des rallonges là où c’est nécessaire pour pouvoir brancher un véhicule. Beaucoup de ces personnes font de petits trajets jusqu’à une gare, ou leur lieu de travail. Jusqu’à 25km dans un sens, l’aller-retour est possible avec un Twizy sans recharge et sans crainte. Au-delà, il sera important de vérifier qu’il est possible de recharger un minimum sa batterie entre deux. Une Renault Zoé fait un peu mieux et est plus confortable, bien sûr. Le prix toutefois n’est pas le même.

Ma propre expérience

Voilà une année que je conduis un Renault Twizy en complément d’une grande routière et d’un abonnement général. Son autonomie réelle est de 60 à 70km. Cette dernière dépend de différents critères comme la température, le relief, et la façon de conduire. J’habite à la campagne à 5 minutes de Romont. Mon véhicule électrique me permet de rejoindre la gare de Romont d’où je prends le train pour aller à Genève, Lausanne, Fribourg ou Berne. Il m’arrive également de rouler jusqu’à Bulle, Oron ou Moudon, et parfois même jusqu’à Matran ou Villars-sur-Glâne où l’on trouve des prises 220V dans certains parkings de centres commerciaux, me permettant alors de recharger pendant mes achats. Pour les rares trajets pour lesquels l’autonomie du Twizy est insuffisante, ou le déplacement en transport public trop complexe ou trop long, je me rabats sur ma routière.

De retour à la maison, je branche mon Twizy sur une prise domestique. Celui-ci sera rechargé à raison de 2.2kw/h (220V à 10A). Si la batterie était vide, il lui faudra alors 3.3h environ pour faire le plein.

Combien ça me coute ?

A 22cts le kWh, le plein me coutera alors CHF 1.34 au maximum. Au 100km, la dépense sera d’environ CHF 1.90. A peu près l’équivalent d’un litre d’essence. Chez Renault, il faut ajouter une dépense de CHF 59.00/mois au minimum pour la location de la batterie. Ce montant inclus la batterie bien sûr, sa garantie sur la durée du leasing, ainsi qu’un service d’assistance en cas de panne, y compris en cas de « panne sèche ». Pour une moyenne de 7500km/année, ça ramène ce coût à environ 10cts par kilomètre.

Côté entretien, il faut bien entendu vérifier et changer régulièrement les pneus ainsi que les plaquettes comme sur tout véhicule. Et Renault recommande un contrôle du système annuel qui coûte environ CHF 80.00.

Côté assurance, la Casco complète me coûte CHF 650.00 par année, et les plaques, environ CHF 90.00 par année. Malheureusement, le canton de Fribourg n’apporte aucune aide à l’acquisition de véhicules électriques légers.

Parlons du Twizy

Renault Twizy

Contrairement aux idées reçues, celui-ci a bien deux places confortables. J’ai transporté un passager de 1m95 et il ne s’est pas plaint de la place à disposition. Bien entendu, on parle de confort pour de petits trajets, puisque ce n’est pas avec ce véhicule que vous irez en vacances. Il atteint aisément la vitesse de 80km/h au plat. Une montée l’amènera à ralentir à 70, 60 voire 50km/h en fonction de la pente. Il est toutefois rare qu’il ralentisse autant, et c’est en général sur de courts passages.

Sans passager, il est aisé d’y placer jusqu’à 4 sacs à commissions en papier: deux sur le siège arrière, et deux sur les côtés du conducteur. Il est donc tout à fait possible de partir faire ses commissions avec.

Pour rouler en hiver, on peut bien entendu l’équiper de pneus adaptés à la saison. D’autre part, bien que Renault ne propose pas de fenêtres d’usine, ni en option pour ce qui est de la Suisse, il est possible d’acheter un kit de fenêtres rigides proposées par Elia qui permettent d’être à l’abri des intempéries et des courants d’air. Bien entendu, on s’habillera chaudement étant donné qu’il n’y a pas de chauffage.

Le prix d’un Twizy

J’ai acheté mon Twizy d’occasion avec 7000km pour CHF 8150.00 auxquels j’ai ajouté CHF 800.00 pour un kit de fenêtres Elia et à peu près autant, sauf erreur, pour un jeu de roue d’hiver complet. Si on s’intéresse à l’achat du neuf, il faut compter CHF 13’000.00 pour le véhicule équipé de portes, et de fenêtres Elia et d’un double jeu de roue.

Quelles sont les alternatives ?

Le Twizy est un véhicule léger. En Suisse, il est apparenté à un quad. Il n’y a pas beaucoup d’alternatives électriques dans cette catégorie. La ville de Grenoble teste actuellement le Toyota iRoad, un véhicule léger à trois roues, complètement fermé, qui s’incline à la façon du Piaggio MP3. Un peu moins large que le Twizy, son principal défaut est une vitesse limitée à 65km/h, qui en fait définitivement un véhicule citadin, avec les problèmes que j’ai cité en début d’article.

Bien que le parc de véhicules électriques soit très faible en Suisse, nous avons à disposition un grand nombre de sites pour faire son choix et suivre l’évolution de l’offre: l’ATE et son site Ecomobiliste et TopTen en sont de bons exemples.

Pour ma part, je garde un œil sur les hybrides rechargeables, à l’instar du Mitsubishi Outlander PHEV. Une autonomie sur catalogue de 50km en tout électrique lui permettrait dans mon cas de remplacer le Twizy pour les petits parcours tout en m’assurant la possibilité de trajets plus longs sur le réservoir essence. Intéressant, à condition d’utiliser une prise pour recharger la batterie, et non le moteur à essence. Reste qu’il est trop tôt pour changer, car de nombreuses alternatives vont voir le jour dans les deux prochaines années. Nous aurons alors certainement beaucoup plus de choix, avec des modèles de motorisation ou double motorisation adaptés à chaque besoin, et peut-être la chance de voir les infrastructures de recharge se démocratiser enfin dans notre pays.

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