Akim Sissaoui

Akim aussi, il blogue. Il blogue, il blague et partage ses découvertes

Quitter Facebook ?

Pourquoi quitter Facebook ? Si vous êtes curieux de ma décision, ou que vous ne la comprenez pas, vous prendrez le temps de lire cet article.
Beaucoup de gens se battent pour la transparence. Parmi vous, certainement qu’une majorité estime normal qu’on demande de la transparence: D’où vient ce que nous consommons?  Combien coûte réellement ce que nous achetons ? Qui encaisse cet argent, dans quelle mesure ? Où vont nos impôts ? Qu’est-ce que Migros fait avec nos données Cumulus ? La Coop avec celles de la Supercard ? Bref. Il y a beaucoup de domaines dans lesquels nous réclamons plus de transparence.
Dans le même temps, nous utilisons Facebook, Windows, et d’autres outils qui sont fermés. Qu’est-ce que ça veut dire, fermé ? Celà implique que la façon dont le logiciel est fait est privée, secrète, et que personne ne peut aller vérifier en son cœur ce qu’il advient de ce que nous en faisons. Par exemple, il est aujourd’hui impossible d’affirmer que Microsoft ne récolte pas tout ce que l’on fait sur Windows de manière secrète. Il est impossible de dire à quelle fin nos données sont utilisées par Facebook. Bien sûr, Pour l’exemple de Windows, certains diront que c’est inimaginable, ce serait trop gros, ils se tireraient une balle dans le pied, etc… reste que personne ne peut le vérifier.
Aujourd’hui, si quelqu’un trouve une photo de lui dans un magazine, il va saisir la justice pour faire valoir son droit à l’image, mais si une personne qu’il ne connait pas, ou avec qui il n’a plus aucun rapport, met une photo de lui sur Facebook, il ne s’en inquiétera que rarement.
L’opposition à ce système est l’ouverture, ce qu’on appelle dans le monde des logiciels « l’Open Source ».
Le principe de l’Open Source est que tout un chacun peut, s’il le désire, accéder à la substantifique moelle d’un logiciel, pour aller voir comment il a été fait, comment il fonctionne, et si il ne s’y passe rien de malicieux, de secret, d’illégal.
Bien sûr, ce n’est pas vous, simple internaute, simple utilisateur, qui vont pouvoir vérifier ça. Mais le fait que ce soit possible garanti que des centaines, voire des milliers d’informaticiens à travers le globe peuvent le faire, et le font. C’est le principe même de Linux par exemple. C’est le principe d’Android, qui, contrairement à ce qu’on croit, n’est pas un produit propriétaire de Google, mais un produit ouvert basé sur Linux et qui en suit les principes (ce qui n’est pas le cas des applications Google qu’on y trouve, qui elles sont propriétaires).
Si aujourd’hui Whatsapp a été racheté pour 17mia de francs par Facebook, pour un produit que l’on dit gratuit, c’est qu’il y a vraiment un problème de transparence. Si Facebook est valorisé à plusieurs mia alors que c’est gratuit et que personne ne sait comment ils gagnent autant d’argent, c’est qu’il y a un sérieux problème de transparence.
Pourtant, les alternatives existent. Une alternative à Windows justement est linux. Il y a aujourd’hui sur le marché suffisamment de distributions Linux qui permettent autant de souplesse que Windows. L’alternative à Microsoft Office ? LibreOffice, qui, même s’il est moins élaboré et comporte moins de « fioritures » reste dans 90% des cas un produit capable de répondre à la demande des utilisateurs.
Une alternative à Whatsapp que j’ai découvert cette semaine est « Telegram ». Telegram utilise un protocole (le protocole est « la langue » de transmission des messages, pour vulgariser) qui est ouvert, et donc que chacun peut utiliser pour développer sa propre application compatible, ainis qu’une interface ouverte, que chacun peut récupérer pour créer par exemple des extensions à Telegram.
Une alternative à Skype ou Viber ? J’ai nommé le SIP. Le SIP est un protocole de communication ouvert, standard, que beaucoup d’opérateurs téléphoniques utilisent déjà aujourd’hui pour faire de la téléphonie par internet. Il est possible d’utiliser ce protocole pour la messagerie instantanée, la téléphonie, et même la visioconférence.
Comme vous pouvez le constater, il y a moyen de travailler sur internet et dans l’informatique avec transparence afin de s’assurer que les logiciels font bien ce qu’ils sont censés faire et rien d’autre.
Mais l’être humain est flémard et à tendance à choisir la solution simple. Il prend ce qu’on lui donne tout cuit dans le bec, et s’en contente. C’est pourquoi Facebook, Microsoft, Whatsapp, sont des produits à succès. Et ne vous méprenez pas. Rien n’est gratuit. Leur intérêt est de cerner votre comportement, votre profil psychologique, afin de mieux vous manipuler.
Là j’en entends certains réagir et dire « il ne faut pas exagérer, il est catastrophistes », pourtant vous avez tous entendu, et accepter, que les commerces de distribution manipulent leur client en plaçant les produits à haute marge à hauteur des yeux et des mains, que certains, comme Coop, utilisent des panneaux « ACTUEL » pour les prix courant, et qu’automatiquement, votre cerveau interprète « Action » et achète alors que ce n’est pas le cas, que la publicité est là pour nous manipuler. Tout ça, c’était à l’échelle de votre magasin du coin. Les psychologues qui ont participé à ce genre d’élaboration marketing n’avaient pas accès à vos échanges privés (Whatsapp), et à vos états d’âme (Facebook). Imaginez la puissance que cela représente.
Et ce n’est pas qu’à l’échelle de l’individu. Grace à ces données, il est possible, déjà aujourd’hui j’en suis convaincu, pour Facebook, Google, et consorts, de définir des profils par région, par pays, par contient, afin de mieux manipuler les masses grâce au profil « psycho-culturel » défini par ces données.
Un des problèmes de ce siècle et de cette nouvelle tendance est que tout est « gratuit ». Or, 17mia, ça me parait loin de l’être. Il serait temps que les utilisateurs comprennent l’ampleur de l’enjeu, et acceptent qu’il faille payer pour un service, même une somme minime. Angry Bird a bien fait fortune comme ça… Pourtant, on ne peut pas parler d’un service à haute valeur ajoutée.
Aujourd’hui, l’inquiétude est grande après la découverte de composants malicieux dans certains périphériques. Car en effet, si le logiciel est ouvert, rien n’interdit à Samsung, LG, et autres HTC, d’intégrer du matériel espion dans ses produits. C’est là qu’on commence à parler aujourd’hui d’Open Hardware. Le principe est le même: Tous les plans et schémas d’un produit sont mises à la disposition de qui le souhaite. Ainsi, des ingénieurs du monde entier peuvent voir comment le produit est conçu, et vérifier qu’il ne récupère pas à votre insu toute sorte d’informations.
Tous les projets ci-dessous (à part Fairphone qui est un appareil) sont gratuits et ouvert. Mais si vous voulez les soutenir, vous pouvez faire des dons sur leurs sites respectifs. Ils en ont besoin.
Alors ? Prêt pour plus de transparence ?

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